Les taux d’intérêt négatifs, une pure fiction? (©Jean-Pierre Muller – AFP)
En Belgique et au Danemark, les taux variables sont passés en territoire négatif, conduisant à un scénario invraisemblable : les banques payent les emprunteurs pour leur prêter de l’argent ! Une pratique que les établissements français veulent à tout prix éviter.
(LaVieImmo.com) – Et si les emprunteurs pouvaient bientôt bénéficier de taux d’intérêt négatifs ? Une question qui peut légitimement se poser en France, alors que certains de nos voisins européens sont dans cette situation pour le moins surprenante. Ainsi, les banques payent les ménages danois et belges pour leur prêter de l’argent ! C’est la « magie » des taux d’intérêt négatifs…
Ces emprunteurs en bénéficient aujourd’hui parce qu’ils ont souscrit des prêts à taux variables : des taux indexés sur ceux des banques centrales, dont les politiques monétaires restent ultra-accommodantes. En d’autres termes, elles maintiennent des taux d’intérêt faibles pour soutenir l’économie.
Les crédits en question concernent ceux conclus avant 2012. À l’époque, les banques danoises et belges ne fixaient pas de limite à la baisse pour ces taux révisables, comme c’est le cas aujourd’hui avec les taux dits « capés ». Sans limite à la baisse, ils pouvaient très aisément passer en négatif. Pour éviter qu’un tel scénario se reproduise, affirme la presse locale, les contrats signés après 2012 excluent dès le départ la perspective de taux négatifs.
Et en France alors ?Crédit Immobilier

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Malheureusement, les emprunteurs français n’auront pas la même chance. Et ce pour plusieurs raisons : tout d’abord, le taux révisable est très peu pratiqué dans l’Hexagone, bien que certains craignent son retour. En mars dernier, il représentait seulement 0,4% de la production de crédits, selon une étude de l’observatoire Crédit Logement/CSA. Et même dans les meilleurs années (celles où les taux étaient relativement élevés), on a rarement dépassé les 20% (c’était en gros autour de 2004-2005).
Ensuite, les banques françaises sont beaucoup plus prévoyantes que leurs homologues européennes, leurs taux variables étant capés à la hausse comme à la baisse. Et même si des dérapages sont possibles, les établissements bancaires s’en aperçoivent rapidement.
Le courtier Vousfinancer.com raconte ainsi qu’une banque vient tout juste de supprimer un taux variable visiblement risqué, fixé à 0,85% sur 10 ans, avec une marge de +1/-1%. Les banques qui peuvent, quoi qu’il en soit, compter sur notre code civil pour protéger leurs intérêts. Ce dernier oblige en effet l’emprunteur à rembourser au moins l’intégralité du capital emprunté.
Un scénario purement fictif
Accorder de tels taux négatifs serait de toute façon trop douloureux pour les banques de notre pays. D’ailleurs, Vousfinancer.com s’est amusé à caler les taux sur celui de l’Euribor (c’est le taux auquel les banques se prêtent entre elles et qui sert déjà en partie à calculer les taux des crédits immobiliers) : un Euribor en négatif à -0,25% sur 20 ans. Concrètement, nous dit le courtier, pour un emprunt de 200.000 euros cela représenterait un cadeau de la banque de 5.000 euros.
Un scenario purement fictif, car si certains peuvent toujours espérer que la Banque centrale européenne nous jettent de l’argent du haut de son « hélicoptère à monnaie » – concept évoqué par certains banquiers pour redresser l’inflation, tout le monde sait que les banques ne font pas de cadeau.
Mais pour finir sur une note positive, certains emprunteurs qui avaient souscrit des prêts à taux variables autour des années 2007-2008 récoltent en ce moment les fruits de leur prise de risque avec des taux proches de 0, contre… 4 à 5% au moment de l’ouverture du crédit.
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M.C. et J.M.

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Source : LaVieImmo.com : toute l’actualité immobilière