Faut-il acheter des parts de SCPI en ligne ? (©Geralt- Pixabay)
De la même manière qu’il existe des banques en ligne et des syndics de copropriété en ligne, de plus en plus de sociétés de gestion proposent aujourd’hui d’acheter des parts de SCPI en ligne.
(BFM Immo) – Les SCPI font de la résistance. Malgré la crise, les sociétés de gestion qui proposent aux investisseurs d’acheter des parts de SCPI pourraient, d’ici fin 2020, encore servir des rendements oscillant entre 3,7 et 3,9% (contre 4,5% en moyenne en 2019). Qu’importe l’érosion des rendements annuels (lesquels restent toujours plus intéressants que ceux servis par les livrets d’épargne ou l’assurance-vie lorsqu’elle est 100% structurée de fonds euros), les SCPI continuent donc de se démarquer dans un univers des placements où le fait de combiner rendements et sécurité est loin d’être chose aisée. Mais qu’en est-il des SCPI en ligne ?
200 euros la part
Ces sociétés de gestion aux prestations 100% digitalisées sont, en effet, non seulement de plus en plus nombreuses, mais également plus accessibles. « Le choix est de plus en plus large », explique Julien Bouyssou, le chef du service Argent/Placements de Capital, dans l’émission « Intégrale Placements ».
« D’après notre enquête (…), ce sont jusqu’à 60 SCPI différentes, soit plus de la moitié du marché, qu’il est possible d’acheter totalement en ligne, donc sans renvoyer aucun courrier postal, ni même avoir d’entretien vidéo ou téléphonique avec un conseiller ! », détaille-t-il. Une mue qui, pour les investisseurs, se révèle d’autant plus intéressante qu’elle s’accompagne d’un ticket d’entrée particulièrement accessible. Alors qu’il était recommandé jusqu’à il y a peu de verser plusieurs milliers d’euros pour souscrire des parts de SCPI auprès des acteurs traditionnels, les sociétés de gestion en ligne, permettent, elles, aux épargnants d’acheter des parts moyennant quelques centaines d’euros.
« C’est l’un des avantages de ce mode de souscription totalement en ligne », précise Julien Bouyssou. « La plupart de ces plateformes sont accessibles dès 200 euros de mise, et permettent, ensuite, de mettre en place un plan d’investissement programmé sous forme d’abonnement mensuel dès 50 euros par mois ».
Le fait est que cette approche ne date pas d’hier. Dès 2016, un certain nombre de sociétés de gestion lancent tour à tour leur SCPI en ligne et s’appuient sur ce qu’elles appellent le concept du « do it yourself », sans intervention de conseillers. C’est le cas de Moniwan, qui se positionne, à l’époque, comme LE premier site en mesure de proposer une dématérialisation totale de l’investissement en SCPI.

Lancée par le groupe La Française (filiale du Crédit Mutuel Nord Europe), Moniwan propose à ses clients plusieurs offres permettant, notamment, de bénéficier d’une souscription échelonnée dans le temps, ou de percevoir des revenus quasi-instantanément.
Depuis, quantité d’autres sociétés de gestion 100% en ligne et de services associés ont vu le jour. Preconys se présente, de son côté, comme le « premier robo-advisor de SCPI ». Il permet aux investisseurs de choisir des SCPI en fonction du patrimoine dont ils disposent, de leur horizon de placement, de leur projet et, bien sûr, de leur appétence au risque.
Or, si le gain de temps et la simplicité d’utilisation constituent visiblement l’apanage des SCPI en ligne, ces deux aspects n’impliquent pas pour autant des rendements plus élevés. D’autant qu’avant d’acheter des parts de SCPI, il convient, comme toujours en immobilier, non seulement de scruter à la loupe l’emplacement du produit, mais également de se pencher de près sur la fiscalité qui l’accompagne.
Des frais toujours aussi élevés « En général, on paye en ligne les mêmes droits d’entrée que pour une souscription physique, soit environ 10% TTC », constate Julien Bouyssou. « Seule une plateforme consent un rabais limité de 2% sur les frais quelle que soit la SCPI choisie. Il s’agit de Moniwan », poursuit l’expert. D’autres acteurs, à l’instar de Novaxia avec son offre NEO, proposent d’acheter des parts de SCPI à partir de 180 euros sans frais d’entrée. Encore faut-il conserver lesdites parts au minimum cinq ans. Faute de quoi la commission de retrait atteint alors 6% TTC (soit 5% HT). Dans l’absolu, pour ce qui est des SCPI traditionnelles, les frais d’entrée sont le plus souvent inclus dans le prix de la part. Si bien qu’il se révèle en réalité compliqué pour un investisseur de mesurer l’impact réel des frais de souscription sur son investissement. Pour le coup, avec NEO – et alors que la moyenne des frais d’entrée des SCPI du marché s’élevait à 8.39% TTC en 2019 – pas de surprise… En revanche, gare aux frais de gestion conséquents qui, dans le cas de NEO, atteignent 18% TTC par an. Des montages complexes… Encore plus complexes
Pour les investisseurs qui souhaitent créer des montages un peu plus élaborés, le fait de passer par un intermédiaire digital ne rend pas la tâche plus simple. C’est même plutôt l’inverse. « Les montages complexes souvent associés aux SCPI sont possibles en ligne, mais ils sont moins faciles que lors d’une souscription physique », admet Julien Bouyssou dans « Intégrale Placements ».
« C’est le cas notamment pour les montages en démembrement temporaire, où l’investisseur n’acquiert que la nue-propriété de la SCPI, sur une durée déterminée. Cette fonctionnalité n’est pas toujours disponible sur les plateformes. Et lorsqu’elle l’est, elle est réservée à une poignée de SCPI seulement », concède le spécialiste.
Au final, l’avantage principal des SCPI en ligne réside dans le fait que ces nouveaux acteurs sont parvenus à simplifier l’accès aux SCPI grâce à la révision drastique du montant des tickets d’entrée. Pour le reste, les frais de gestion et de sortie demeurent inchangés. Avec la crise et les rendements 2020 qui pourraient bien tomber en dessous des 4% cette année, il convient, pour les investisseurs, d’observer à la loupe les frais de gestion. Et dans tous les cas, il apparaît clairement que le secteur des SCPI opère aujourd’hui une mue qui lui permet de démocratiser un placement que l’on pensait, jusqu’à présent, réserver à une clientèle plus élitiste.
Par Julie Cohen-Heurton et Guillaume Sommerer

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