Les coûts liés aux malfaçons ont tendance à augmenter (©7854 – pixabay)
L’Agence de qualité construction a publié son 14ème observatoire sur la qualité de la construction en France. Elle y a notamment classé les « désordres sur travaux » les plus courants.
(LaVieImmo.com) – Les problèmes de malfaçons dans les logements neufs continuent d’empoisonner la vie des Français. Dans son 14ème observatoire, l’Agence de qualité construction (AQC) montre que les assureurs ont versé 754 millions d’euros d’indemnisations pour des dommages-ouvrages en 2017, contre 430 millions d’euros en 2008. Et cette tendance n’est pas prête de s’inverser. L’AQC se demande d’ailleurs si les goûts actuels en matière d’architecture ne jouent pas dans cette hausse des « désordres sur travaux ».
Pour les maisons individuelles, les revêtements de sol intérieur constituent toujours, et de loin, la typologie de désordre la plus fréquente, avec près de 14% des malfaçons sur la période 2016-2018. Catherine Labat, experte construction au cabinet Neoxa, précise : « Dans les maisons individuelle neuves où les sols sont généralement recouverts de carrelage, nous rencontrons souvent une insuffisance de joint dans la chape ou les carreaux ». Et elle explique: « On constate qu’il y a de moins en moins de joints de fractionnement, et cela quelle que soit la géométrie des pièces. Or, dans les constructions récentes, leur forme est rarement rectangulaire mais plutôt en L ou de formes plus complexes. Cette situation crée des mouvements différentiels complexes chape-carrelage, et donc des fissures ».
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En terme de coûts, ce sont également les revêtements de sols qui coûtent le plus cher. Une situation que Catherine Labat explique par la généralisation des planchers chauffants: « Quand se produit une fissure dans le carrelage, une simple réparation du carrelage est le plus souvent impossible. C’est tout le ‘sandwich’ au-dessus du support qu’il faut remplacer: le carrelage, la chape, les éléments chauffants, l’isolant ».
Le problème des douches à l’italienne
Concernant les logements collectifs, l’observatoire montre que les trois mêmes malfaçons occupent toujours le podium. La part des revêtements de sol intérieur progresse légèrement en 2016-2018 (10,5% des malfaçons constatées) par rapport à la période précédente. En deuxième position, on retrouve les réseaux d’eau intérieurs au bâtiment, qui reculent légèrement (8%) et en troisième position les ossatures poutres poteaux qui progressent fortement (près de 8%). « Avant le coulage, il faut une exigence importante au niveau du positionnement de l’acier afin que le béton résiste, C’est un point de vigilance sur lequel les entreprises ont un peu baissé la garde. C’est peut-être dû au fait qu’un certain nombre d’entre-elles ont perdu du personnel d’encadrement technique au moment de la crise », constate Catherine Labat.
Mais l’étude montre surtout la progression importante des désordres liés aux équipements sanitaires qui représentent désormais près de 6% des malfaçons. « Cela pourrait être lié à la généralisation des douches à l’italienne, qui ont régulièrement des défauts d’étanchéité aux liaisons avec les murs. Et également aux WC suspendus, très à la mode mais qui nécessitent d’être fixés à des murs suffisamment résistants. Or, dans les immeubles neufs, ce sont souvent des cloisons en plaque de plâtre si bien que l’équipement, s’il n’est pas adapté, a tendance à s’affaisser à l’usage », précise Catherine Labat.
En matière de coûts, l’étude pointe du doigt les malfaçons liées aux revêtements de sol intérieur qui continuent de représenter une importante part des coûts de réparation dans le domaine des logements collectifs (voir ci-dessous les classements complets). « Dans la mesure du possible, on tente de reprendre la partie sinistrée du logement, les chambres étant traitées dans un autre revêtement. Mais le décloisonnement de la partie jour et la généralisation du carrelage à l’ensemble du logement imposent de plus en plus souvent une réfection complète », constate Jean-Louis d’Esparbès, expert-conseil BTP chez Socabat. Catherine Labat s’interroge également sur le niveau important des coûts liés aux toitures-terrasses non accessibles: « Il y a toujours eu des toitures-terrasses dans les logements collectifs, mais elles sont de plus en plus végétalisées. Est-ce pour cela qu’il y a une progression? Les causes des sinistres sont souvent des points singuliers, comme les problèmes liés aux évacuations d’eaux pluviales ».
Outre les choix en matière d’architecture, le recours de moins en moins courant à des négociations à l’amiable devrait encore faire bondir la facture à l’avenir. « On n’observe pas nécessairement plus de malfaçons. En revanche, le degré de tolérance des particuliers s’est beaucoup réduit », résume ainsi dans Les Echos Catherine Labat.

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