Un hectare de forêt se négocie aujourd’hui en moyenne à 4.250 euros (©JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)
Sur ce marché bien particulier, la demande reste supérieure à l’offre. Résultat : le prix moyen de l’hectare de forêt s’est encore envolé de 3,5% l’an passé.
(LaVieImmo.com) – Les arbres ne poussent pas jusqu’au ciel mais les prix des forêts ne connaissent pour l’instant pas de limite. Le prix moyen à l’hectare (équivalent à 10.000 m2) a ainsi encore progressé de 3,5% en 2018 pour atteindre 4.250 euros, selon le dernier rapport annuel sur le marché publié par les Safer et la Société forestière (une filiale de la Caisse des dépôts).
Un tarif record tiré par la demande, avec une progression des transactions de 3,3% l’an passé. Globalement, ce sont ainsi 19.080 forêts qui ont changé de mains en 2018 pour un montant historique de 1,6 milliard d’euros (+5,6% sur un an). Soit une transaction moyenne qui s’élève à un peu plus de 80.000 euros par forêt. Les surfaces échangées (130.100 hectares), elles, restent proches de leur niveau record de 2017 (130.900 hectares).
Ce déséquilibre entre l’offre et la demande « s’appuie sur des fondamentaux économiques qui sont bons, puisque le marché du bois est un marché international, qu’il y a une demande qui s’accroit, qu’aujourd’hui les industries traditionnelles continuent à vouloir du bois, et que les nouvelles utilisations, notamment sur la construction, se développent », détaille à l’AFP Gilles Seigle, PDG de la société forestière.
Derrière ces moyennes, il faut toutefois garder en tête qu’il existe de très importantes disparités. Car rien ne ressemble moins à une forêt qu’une autre forêt, que ce soit du point de vue patrimonial, de la faune et de la flore locales comme de son exploitation. Une forêt de chênes bien entretenue ne se valorise pas de la même manière qu’une forêt de pins à l’abandon. Aussi, dans 90% des transactions, les prix oscillent de 670 à 12.730 euros à l’hectare. Soit un rapport de un à vingt.
Des rendements faibles mais une fiscalité attractive
Les rendements dépassent rarement les 2% par an, que ce soit via la découpe du bois ou en louant les terres à des chasseurs. Mais l’exploitation d’une forêt nécessite généralement beaucoup d’investissement sur le terrain et les revenus sont irréguliers. Une fiscalité plutôt avantageuse s’applique par ailleurs, en particulier pour les assujettis à l’impôt sur la fortune immobilière (abattement de 75% de la valeur de la forêt dans le patrimoine taxable à l’IFI, à condition d’obtenir un certificat de gestion durable de la forêt).
En dehors des investisseurs exploitants, d’autres propriétaires se ruent sur les forêts pour des raisons différentes : le plaisir de posséder une forêt, un actif tangible où l’on pourra se balader en famille et que l’on pourra transmettre à ses enfants. Avec des prix parfois relativement abordables et des propriétés forestières de quelques hectares parfois à vendre pour moins de 50.000 euros.
Enfin, d’autres acheteurs s’intéressent davantage à la valorisation du foncier sur une longue période. Car la culbute à la revente peut s’avérer particulièrement lucrative. Depuis 1998, les prix des forêts à l’hectare ont doublé, passant de 2.140 euros à 4.250 euros. En revanche, sur la même période, la progression des prix des forêts reste en deçà de l’évolution du prix des logements (voir graphique ci-dessous). Dans l’ancien, les prix ont progressé de 153% en 20 ans, selon les données des notaires et de l’Insee. La forêt, elle, ne s’est donc envolée « que » de 99%. Les prix de la pierre poussent encore plus vite que ceux des arbres.

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