Les plafonds de loyers sont de retour à Paris (©AFP)
Les loyers parisiens ne pourront plus dépasser certains plafonds pour tous les baux signés ou renouvelés à compter de ce lundi 1er juillet.
(LaVieImmo.com) – Le plafonnement des loyers fait son grand retour ce lundi 1er juillet. Tout du moins dans la capitale. Plus d’un an et demi après son arrêt et grâce à l’adoption de la loi Elan, cette mesure emblématique s’applique à nouveau à compter de lundi mais seulement à Paris, au grand dam des propriétaires.
Dans les faits, le plafonnement des loyers ne s’applique pas à tout le monde: seuls les locataires d’appartement meublé ou non meublé qui signeront leur bail à partir de lundi pourront y prétendre. Les autres devront attendre leur renouvellement de bail pour le faire valoir.
Qu’importe, la mairie de Paris, enthousiaste face au retour de la mesure, espère ainsi favoriser « un gain de pouvoir d’achat pour les familles » et la possibilité pour « les classes moyennes de vivre » dans la capitale, qui perd 12.000 habitants par an, selon des chiffres officiels.
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Expérimentation pendant 5 ans
Le plafonnement strict, limité à un statut « expérimental » à Paris et Lille, avait été annulé fin 2017 après deux ans de mise en oeuvre. La justice ne l’avait pas rejeté sur le fond, mais sur son application aux seules villes intra-muros alors que la loi Alur exigeait de le mettre en place sur l’ensemble d’une agglomération.
« Entre 2005 et 2015, les loyers avaient augmenté de 50% à Paris, puis de 1% entre 2015 et 2017 », avait avancé auprès de l’AFP l’adjoint (PCF) au Logement, Ian Brossat, pour qui « depuis, ça repart à la hausse ». Selon les dernières données de l’Observatoire des loyers de l’agglomération parisienne (Olap), les loyers d’habitation du parc locatif privé (non meublé) dans la capitale a progressé de 1,4% en 2018, contre 0,8% en 2017. En ne prenant en compte que les loyers de marché (à la relocation, c’est-à-dire lors d’un changement de locataire), la hausse est de 2,9% à Paris en 2018, contre 2,1% en 2017. On notera par ailleurs que, si l’augmentation des loyers a fortement ralenti au moment de la mise en place de la première mouture du plafonnement des loyers (2015-2017), cette tendance avait déjà commencé depuis le milieu des années 2000.

Avec le retour du plafonnement, dans la capitale, la hausse de loyer ne pourra pas dépasser 20% par rapport à un « prix de référence », et l’expérimentation va durer cinq ans. A l’issue de cette période, pourquoi ne pas recueillir l’avis des Parisiens, « par référendum par exemple », sur cette mesure « plébiscitée », a proposé Ian Brossat lundi sur franceinfo.
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Des loyers de référence parfois déconnectés du marché
Mais tous les locataires ne vont pas profiter tout de suite de ce plafonnement. Seulement 20% en moyenne des baux se renouvellent dans le non meublé chaque année, un peu plus dans le meublé, nuancent de leur côté les professionnels. Et les chances d’attirer ou retenir les plus pauvres semblent minces, tant « les niveaux de loyers sont déjà tels à Paris que même en encadrant, ça ne (leur) permettra pas d’accéder à ces logements », souligne Didier Vanoni, directeur du bureau d’études Fors et contributeur au rapport de la fondation Abbé Pierre sur le mal-logement.
« L’objectif de la mesure est louable », à savoir « rendre le logement accessible pour tous », souligne Thomas Lefebvre, directeur scientifique de MeilleursAgents, mais « le dispositif est relancé alors que l’ensemble des points défectueux de la première expérimentation n’ont pas été traités ».
Le professionnel pointe entre autres la définition d’un même loyer de référence pour des secteurs qui peuvent être différents au sein d’un arrondissement. Par exemple dans le quartier Clignancourt (XVIIIe arrondissement, nord de Paris), le mécanisme fixe un loyer de référence pour son ensemble, de la zone du Sacré-Coeur, prise d’assaut par les touristes, à celle du Boulevard Ney et du périphérique, plus populaire.
En place à Lille avant la fin de l’année ?
En outre, la mise en oeuvre du nouveau plafonnement des loyers est complexe, et nécessite de nombreuses procédures entre communes réunies en Etablissement public territorial ou Etablissement public de coopération intercommunale. De quoi ralentir sa mise en place dans de nombreuses villes d’Ile-de-France mais aussi à Lille, pourtant pionnière avec Paris dans la première version.
« A Lille, on doit instruire, plaider auprès de l’intercommunalité, ça doit passer en conseil métropolitain et la MEL (Métropole européenne de Lille) doit ensuite rédiger un dossier, ce qui prend plus de temps », a détaillé à l’AFP Estelle Rodes, adjointe à la maire de Lille chargée du Logement.
Et pourtant la mesure semble nécessaire pour la Ville: « On a plus de 50% de locataires du parc privé, (…) souvent une sur-occupation des logements, et une très forte tension qui fait qu’on a moins de 10 jours pour la mise en location d’un logement, un loyer assez élevé » par rapport aux « revenus médians des métropolitains », justifie la mairie. « Notre espoir est que cela aboutisse avant la fin de l’année », ajoute Mme Rodes, mais « ça ne sera pas avant l’automne ».
(Avec AFP)

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