Illustration de friches (©Mychele Daniau – AFP)
Le foncier se raréfie en France. Les friches industrielles deviennent donc des opportunités pour de nouvelles constructions, même si subsistent des obstacles réglementaires et techniques.
(LaVieImmo.com) – Disponibles en nombre au moment où le foncier se raréfie, de moins en moins chères à dépolluer, les friches industrielles peuvent être une opportunité pour de nouvelles installations. « Les friches industrielles sont les endroits les plus intéressants pour les industriels » et donc « on a pas mal de mètres carrés disponibles pour de nouvelles activités industrielles », a rappelé le député Damien Adam (LREM, Seine-Maritime) lors d’un récent débat à l’initiative du spécialiste de la dépollution des sols Valgo.
« Il y a une vraie prise de conscience globale, générale, en France sur ces thématiques », a déclaré à l’AFP le président fondateur de Valgo, François Fouché, qui se dit « un peu optimiste aujourd’hui sur la revalorisation des friches ». Après une période au début des années 2000 où la réglementation renforcée après l’accident de l’usine AZF de Toulouse et des difficultés techniques ont freiné les réhabilitations de friches, le mouvement est désormais engagé depuis 2007-2008 et « le marché se rationalise », indique François Fouché. Entre 2009 et 2019, le coût de revient de la dépollution d’un site a été divisé par deux grâce aux progrès des technologies, précise-t-il.
Pas de recensement exhaustif
Valgo a lancé en 2014 sa plus grosse opération en France avec la reconversion de l’ancienne raffinerie Petroplus, sur un site de 55 hectares à Petit-Couronne (Seine-Maritime), qui devrait s’achever en 2021. « Le marché a compris que dépolluer était possible avec des coûts qui faisaient qu’on rentrait quand même dans les budgets et que les opérations pouvaient se faire », souligne le patron de Valgo.
Mais une première difficulté pour mettre en place une stratégie de reconquête des fiches industrielles est qu’il n’existe pas de recensement exhaustif, en particulier des « petites » friches. François Fouché parle de 10.000 sites fortement pollués. La reconversion des friches industrielles et urbaines concerne « plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d’hectares », avance Florence Peronneau, présidente du cabinet de conseil en immobilier Pollen RE, et qui a présidé un groupe de travail sur ce sujet.
Un deuxième enjeu est la destination de la friche industrielle une fois dépolluée. Le prix du foncier et la situation géographique de terrains souvent situés en zone urbaine ou proches des agglomérations incitent à lancer des programmes de promotion immobilière. Cet objectif a notamment été appuyé par la loi Alur de 2014 sur l’accès au logement. « On est plutôt parti dans une logique de reconversion (des friches) à destination de zones commerciales et surtout de logements », a constaté le député Damien Adam.
« Libérer du foncier extrêmement rapidement »
Mais « ce n’est pas forcément la vision qu’on doit avoir » des friches industrielles. « Il faut plutôt essayer de les dédier à l’industrie », a-t-il ajouté. Un avis partagé par le syndicaliste Augustin Bourguignat, secrétaire confédéral CFDT chargé des politiques industrielles: « Quand la friche est là (…) l’enjeu est bien de réindustrialiser » et de « défendre les friches comme support, base pour de nouvelles activités ». Dans ce contexte, des adaptations et incitations réglementaires ont été souhaitées.
Fabienne Perroneau s’est prononcée pour un système de « fast track pour modifier le plan d’urbanisme, pour avoir une nouvelle destination et libérer du foncier extrêmement rapidement ». L’objectif serait de « retrouver très vite, grâce à l’anticipation sur l’usage futur, des terrains dépollués ou dans lesquels la pollution aura été encapsulée », ce qui permettrait « le développement (…) d’activités industrielles à la suite d’activités industrielles ». « Plus vite, moins cher, c’est fondamental », mais « avec plus de marge » et sans oublier que « la gestion du temps long est très importante » s’agissant des friches à réhabiliter, a ajouté Franck Gautheron, directeur du cluster Indura, qui développe des infrastructures de transport et d’énergie.
« Le facteur principal, c’est le gain de temps », confirme François Fouché. Pour cela, on doit continuer à améliorer les technologies, mais surtout, souligne-t-il, « faire en sorte qu’on facilite réglementairement les opérations sur terrains pollués », autrement dit « dépolluer vite et rendre les permis de construire et d’aménager plus rapidement ». Pour le député Damien Adam, il faut aussi « impliquer les maires », notamment en matière fiscale pour les inciter à choisir des reconversions de friche vers l’industrie, et revoir la partie financement des opérations qui est encore « trop émiettée ».
(Avec AFP)

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