A Bordeaux, les acheteurs ont perdu beaucoup de pouvoir d’achat immobilier en 10 ans (©AFP)
Les Lyonnais et Bordelais peuvent acheter une pièce de moins qu’il y a 10 ans avec la même mensualité de crédit. Mais dans d’autres villes, les emprunteurs ont à l’inverse gagné beaucoup de pouvoir d’achat immobilier.
(LaVieImmo.com) – Avec des taux d’intérêt au plancher (1,44% en moyenne en février) et une inflation qui est légèrement remontée l’an dernier, les conditions de crédit n’ont jamais été aussi bonnes en France. Mais face à des prix qui grimpent d’année en année (+3,2% au niveau national en 2018 selon les notaires), les acheteurs sont-ils vraiment gagnants ? Oui, mais pas partout. C’est ce qui ressort du dernier Observatoire des taux du courtier Meilleurtaux.com diffusée ce mardi.
Le courtier a comparé le nombre de mètres carrés qu’un emprunteur, ayant souscrit un crédit sur 20 ans, pouvait s’acheter en 2009 et en 2019. Résultat : dans 13 des 19 plus grandes villes de France, le pouvoir d’achat calculé de cette manière a progressé en 10 ans. Aussi, pour une mensualité de 990 euros, un acquéreur pouvait emprunter 150.000 euros sur 20 ans avec un taux à 5% en 2009. De quoi acheter à l’époque 109 m2 à Saint-Etienne, 78 m2 au Mans et 76 m2 au Havre, les trois grandes villes où le pouvoir d’achat immobilier était le plus important. Une décennie plus tard, notre acquéreur peut désormais emprunter 210.000 euros sur 20 ans avec un taux à 1,4% et la même mensualité. Ce qui lui a incontestablement fait gagner des mètres carrés dans 13 villes. A Lille, par exemple, cet acheteur a gagné 7 m2 en 10 ans et peut s’offrir désormais un appartement de 64 m2. A Montpellier, c’est 8 m2 de pouvoir d’achat immobilier supplémentaires, pour une surface totale de 69 m2 dans ces mêmes conditions.
Les acheteurs bordelais et lyonnais les plus pénalisés
En revanche, dans cinq villes, la surface que cet emprunteur peut acquérir a diminué. Dit autrement, les prix ont augmenté trop vite et cela n’a pas été compensé par le recul des taux. C’est le cas de Rennes (63 m2 de pouvoir d’achat immobilier avec 990 euros de mensualité), Strasbourg (62 m2), Lyon (45 m2), Bordeaux (44 m2) et Paris (21 m2). On notera qu’à Nantes, la baisse des taux a tout juste compensé la progression des prix puisque le pouvoir d’achat est resté stable à 62 m2 entre 2009 et 2019. Les plus grands perdants sont d’ailleurs les acheteurs bordelais, qui ont perdu en une décennie la bagatelle de 14 m2 de pouvoir d’achat, soit l’équivalent d’un petit studio ! Les acquéreurs lyonnais sont également particulièrement touchés par ce recul, avec 9m2 en moins, soit une chambre qui a disparu. « La réalité est que mises à part Bordeaux, Lyon et dans une moindre mesure Strasbourg, Rennes et Paris, la situation est bien meilleure aujourd’hui qu’il y a 10 ans », résume Maël Bernier, directrice de la communication de Meilleurtaux.com.
Les écarts se sont en revanche creusés entre les villes les plus attractives, où les prix ont explosé, et celles qui sont plus en retrait. Alors que l’acheteur stéphanois pouvait s’offrir avec la même mensualité un bien 4,7 fois plus grand qu’à Paris en 2009 (109 m2 contre 23 m2), c’est désormais 7,5 fois plus (157 m2 contre 21 m2).
Attention cependant aux effets d’optique. La comparaison sur l’évolution du pouvoir d’achat au cours des cinq dernières années donnerait en effet une lecture un peu différente. Le courtier Meilleurtaux a refait les calculs et donc, sur cette période, 10 villes sur 19 ont vu le pouvoir d’achat immobilier reculer avec la même mensualité de 990 euros. Les villes qui s’en sortent le mieux sont alors Le Mans (+24 m2 en cinq ans), Montpellier (+14 m2) et Toulon (+9 m2).
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