Un ensemble de maisons-bulles à Raon-l’Etape est à vendre. (©Museumotel)
En 1967, l’architecte suisse Pascal Häusermann a construit un ensemble de 11 maisonnettes blanches et rondes. Ces constructions sont aujourd’hui à vendre.
(LaVieImmo.com) – Au bout d’un chemin en gravillons qui part du centre de Raon-l’Etape (Vosges) se dressent onze maisons-bulles, conçues par l’architecte suisse Pascal Häusermann en 1967. Le blanc des maisonnettes aux formes rondes est un peu défraîchi, la mousse s’est installée ici et là. Le cadre est bucolique: des saules bordent le terrain de 4.100 m2, séparé du reste de la commune par un cours d’eau, la Plaine.
En 1967, l’architecte suisse Pascal Häusermann a installé sur ce lopin de terre entouré d’eau onze bulles, composées d’une structure métallique et de voile de béton projeté, à la demande d’un hôtelier. Neuf étaient dédiées à la location touristique, un bâtiment principal de 150 m2 faisait office de réception avec deux grandes pièces à l’étage et un local technique, soit 405 m2 de surface habitable en tout. « Ce sont des constructions modulaires imaginées pour être déplacées et habitées sans contrainte », résume un connaisseur de l’architecte utopiste, sous couvert d’anonymat.
« Il pense que c’est à cause de l’alcool! »
En 2006, cinq amis, « des anciens punks, anciens rockeurs » en quête d’une nouvelle vie à l’aube de leur quarante ans, achètent « l’île Häusermann » pour 180.000 euros, raconte Laurence Euvrard, l’une d’entre eux. Depuis leur création, les bulles ont connu cinq propriétaires et ont été laissées à l’abandon pendant une décennie, dans les années 1990. « Nous voulions sauvegarder cet endroit qui n’était pas en si bon état que cela » et qui était en train de perdre son esprit des années 1950 à 1970, si chère au coeur de « la joyeuse bande de copains », explique Bruno Tourmen, l’un des propriétaires.
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« On a eu une grosse année de travaux, tout était encore d’époque. Il a fallu tout refaire pour être aux normes » et le transformer en gîte, se souvient Laurence Euvrard. « Je ne sais même plus le prix des fenêtres. Je me souviens juste que ça a pris deux ans pour toutes les changer », glisse-t-elle. Pascal Häusermann n’aimant pas les angles droits – leur préférant les lignes courbes et les arrondis -, boiseries, rideaux et mobilier sont sur mesure.
Les neuf bulles, de 25 m2 à 40 m2, ont été décorées par couleur – vert, violet, bleu… – et par thème – Pop-art, psychédélique, chlorophylle, love – dans l’esprit des années 1950 à 1970. Au sol, il y a des mosaïques noires et blanches ou des petits carreaux bruns. De grandes fenêtres inclinées, pas tout à fait octogonales, ouvrent sur la nature et la rivière. « Attention, il y a une marche plus haute que les autres », prévient la propriétaire en montant à l’étage de la bulle la plus vaste. « On a demandé à Pascal Häusermann pourquoi il y avait une marche différente, mais il ne s’en souvenait plus. Il pense que c’est à cause de l’alcool! », s’esclaffe-t-elle. Les cinq amis ont beaucoup échangé avec l’artiste suisse, précurseur de la « blob architecture », privilégiant les formes organiques. Deux ans avant sa mort en 2011, il leur avait rendu visite et avait séjourné dans l’une de ses réalisations.
Vente aux enchères
A la réouverture des bulles comme structure hôtelière en août 2007, rebaptisées Museumotel, les clients affluaient du monde entier. Las ! Entre la crise économique, le poids des prêts bancaires et la situation géographique de Raon-l’Etape, éloignée des pistes de ski vosgiennes, le gîte a été placé en redressement judiciaire en 2015 – année où l’île Häusermann a été classée aux monuments historiques -, puis fermé.
« Comment mettre un prix sur quelque chose de quasiment unique? On y accède par un petit pont et on se retrouve dans les années 1970. En été, c’est un paradis », note le connaisseur anonyme. « C’est dur. On a tellement travaillé… On a cherché toutes les solutions », soupire Laurence Euvrard.
L’ensemble immobilier sera vendu aux enchères vendredi 3 mai avec une mise à prix de 100.000 euros, à Epinal. En 2017, l’agence Architecture de Collection avait déjà tenté de commercialiser le bien pour 365.000 euros. « On constate un intérêt assez important pour le bien », souligne Pierre-Yves Picot, huissier de justice en lien avec la vente aux enchères.
Avec AFP

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